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29/06/2010

_A. E. Van Vogt : Passeur cosmique_

A. E. Van Vogt : Passeur cosmique : Joseph ALTAIRAC : 2010 : L'oeil du Sphinx (collection "La bibliothèque d'Abdul Alhazred" #11) : ISBN-10 2-914405-62-6 : 336 pages (pas d'index mais un bibliographie secondaire) : coûte 35 Euros en neuf pour un TP illustré en N&B et couleur, difficile à trouver à Nantes.

A E Van Vogt passeur cosmique.jpg

On connaissait déjà l'intérêt de Joseph Altairac (une des figures du fandom français) pour Van Vogt puisqu'il est l'auteur d'une des rares études consacrées à cet auteur (Alfred E. Van Vogt : Parcours d'une oeuvre chez Encrage, un titre épuisé depuis longtemps qui semble devoir être de nouveau disponible bientôt). L'auteur canadien est probablement celui qui, dans notre pays en tout cas, déchaîne le plus les passions, divisant les amateurs de SF en deux camps opposés, ceux qui crient au génie et ceux qui crient à l'escroquerie. Afin d'alimenter ce débat, cet ouvrage propose une sélection de textes sur Van Vogt, textes piochés sur une période s'étendant entre 1942 et 2009 et couvrant tant la VO que la VF. A noter que cet ouvrage est annoncé comme étant le premier d'une paire de titres.

ASF 2009-04&05.jpg

Ce recueil d'articles est présenté dans un ordre globalement chronologique de parution. Les textes, de longueur très variable (allant des deux pages d'une critique de Klein aux cinquante de la reproduction du numéro 2 du fanzine Iblis) sont "encapsulés" par un commentaire de Joseph Altairac (qui se reconnaît seulement au changement de police). On trouve donc tout d'abord deux études sur AEVV datant des années 40 et tirées de fanzines américains, puis une quinzaine d'éléments issus de la VF qui sont soit des critiques d'ouvrages parues dans Fiction, soit des éléments de paratexte venant des diverses éditions de l'auteur (surtout CLA). La reproduction de Iblis #2 suit cette partie et précède un entretien avec AEVV (tiré de Horizons du fantastique) et un extrait de The world beyond the Hill des Panshin. On retrouve ensuite quelques critiques et l'on termine par la chronique de Silverberg publiée dans ASF. Le tout est agrémenté de nombreuses illustrations en N&B et offre un cahier central en couleurs (4 pages) ainsi qu'une bibliographie secondaire en langue anglaise.

Astounding 1950-04.jpg

Ce livre s'inscrit dans la tendance actuelle de l'ouvrage de référence en VF qui privilégie la récupération à l'originalité puisque les seuls inédits complets sont les deux articles ainsi que le texte de liaison d'Altairac (un gros 10% du total) et les inédits en VF sont les deux premiers textes, l'extrait de Panshin et la notule de RS. Du coup on peut logiquement se poser la question de savoir à qui est destiné ce livre. On peut penser que le client prêt à débourser 35 Euros pour cet ouvrage est un amateur sérieux de AEVV ou de SF en général qui a déjà probablement dans sa bibliothèque une bonne partie du matériau rassemble qui se procure sans grande difficulté soit en VF (les Fiction, le paratexte), soit en VO (le Panshin).

FI 161.jpg

Pour les choses plus complexes à trouver, il faut avouer que leur intérêt n'est pas d'une évidence rare. Autant le premier article (Croutch) est informatif, autant le second (Cox) est assez risible tant sa dénonciation des systèmes Van Vogt ne fait que s'appuyer sur un autre système (ici la pentad de Burke) ce qui donne une mise en abyme assez savoureuse avec une critique aussi Van Vogtienne que les textes qu'elle aborde. Dans la catégorie des raretés on trouve la reproduction d'Iblis, mais une bonne partie de ce bestiaire se résume à la liste descriptive des créatures inventées par l'auteur, ce qui est oeuvre d'érudition mais manque un peu de profondeur. Dans les purs inédits (dus à la plume d'Altairac), l'essai sur les exergues est du même genre (une très longue liste sans grande plus-value) et aurait gagné à être remplacé par le travail de Wilcott sur les différentes versions des textes du Non-A. A l'inverse, la réflexion sur The war against the Rull est pertinente et offre des pistes de réflexion originales. Finalement, la partie la plus intéressante du livre est le texte de liaison qui permet d'entr'apercevoir une sorte de biographie littéraire de Van Vogt qui semblerait très prometteuse si elle pouvait être isolée et étoffée.

Le monde des A (RF 1953).jpg

Finalement un ouvrage qui, pour moi, n'apporte pas grand chose de nouveau. C'est un récapitulatif partiel et limité aux sources aisément accessibles pour la VF alors qu'il existe pas mal de matière plus confidentielle. Ce n'est pas forcément un problème dans l'absolu mais au vu de prestations quand même très moyennes : couverture extrêmement fragile, mise en page parfois catastrophique (avec des chagements de police sauvages), manque de relecture (fautes d'orthographe, TO massacrés -The jigsaw-), qualité des reproductions assez variable (trop sombre en général) avec surtout un cahier central en couleur au rendu tout simplement indigne; il est clair que le tarif demandé (35 Euros quand même) peut sembler difficilement justifiable pour du réchauffé pas très bien emballé. 

A l'assaut de l'invisible (PP 2T1977).jpg

Note GHOR : 1 étoile

28/06/2010

_The pale shadow of science : Recent essays_

The pale shadow of science : Recent essays : Brian W. ALDISS : 1985 : Serconia Press : pas d'ISBN : 128 pages (pas d'index) : pas de prix connu pour ce HC avec jaquette.

The pale shadow of science.jpg

Publié en conjonction avec la convention Norewescon 8 (sise à Seattle), cet ouvrage est l'un des nombreux recueils d'essais de Brain Aldiss. Outre son importante production de fiction, cet écrivain mène en effet une volumineuse réflexion sur le genre qui se trouve régulièrement rassemblée en volume parus chez divers éditeurs (This world and nearer ones, The detached retina, The lurid glare of the comet,etc.), volumes qui se recoupent parfois. A noter que ce titre a été nominé au Hugo 1986 de la non fiction.

This world and nearer ones.jpg

Ce bref recueil rassemble donc douze essais généralement assez courts (une petite dizaine de pages). Il s'agit de textes récents (cf. le sous-titre) parus entre 1981 et 1984 dans des magazines, comme introductions à des romans ou sont des transcriptions de discours. On remarquera la présence d'un article inédit (sur la conception de sa trilogie Helliconia). L'ouvrage se divise en trois parties, une première plutôt autobiographique (sa jeunesse, ses années de guerre), une deuxième consacrée à des écrivains précis (Shelley, Blish, Harrison, Dick, Stapledon et Orwell) et enfin une dernière abordant des thématiques plus générales (la science dans la SF, les fondateurs du genre). Ce volume n'offre ni index ni bibliographie.

Les quinconces du temps (Denoel 1976).jpg

On retrouve dans cet ouvrage l'habituelle verve de l'auteur et sa grande connaissance du genre ce qui est toujours un atout. On y retrouve aussi les mêmes références aux mêmes auteurs (Stapledon, Shelley) et les mêmes positions quand à l'histoire du genre et à ses origines (la fameuse théorie développée dans Billion/Trillion year spree qui intronise Mary Shelley comme "mère" de la SF). Il est dommage que tout cela sente un peu le réchauffé et que les réfutations des théories concurrentes soient remarquablement tautologiques et d'une vacuité impressionnante : je cite "The argument that sf began with Gernsback hardly needs refuting anymore, and I will detain no one with the obvious counter-arguments.", ce qui est objectivement un beau refus de toute discussion. 

Frankenstein délivré (OPTA 1975).jpg

Hormis la partie strictement biographique (qui n'est d'ailleurs pas fondamentalement originale), c'est au total un recueil d'essais dont l'intérêt est quand même assez limité. Il s'agit là plus d'un hommage à Aldiss rapidement concocté que d'un ensemble de textes destinés à faire date dans l'étude du genre. C'est un peu dommage.

Report on probability A (Sphere 1973).jpg

Note GHOR : 1 étoile

25/06/2010

_Over my shoulder : Reflections on a science fiction era_

Over my shoulder : Reflections on a science fiction era : Lloyd Arthur ESHBACH : 1983 : Oswald Train : pas d'ISBN : 416 pages (y compris index) : coûtait 17 USD pour un HC avec jaquette illustré de photographies en N&B.

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Cet ouvrage est une sorte d'hybride assez peu fréquent. En effet, il s'agit du mélange d'une autobiographie, d'un livre d'anecdotes et d'une bibliographie de certaines small press. Eshbach était (il est décédé en 2003) probablement un des seuls acteurs du genre a pouvoir l'écrire. Fan de la première heure (il fait partie du "First Fandom"), écrivain de SF, editor du premier ouvrage sur l'écriture du genre (Of worlds beyond), on se souviendra surtout de lui comme le fondateur de Fantasy Press (et plus tard de Polaris Press), une des premières maisons d'édition amateur à fournir sous forme durable les textes attendus par les fans.

The book of Ptath (Fantasy Press 1947).jpg

Après une introduction de Budrys, le livre aligne une quinzaine de chapitres de longueur variable. Entremêlé avec le récit de sa vie, l'auteur évoque successivement les principaux éditeurs amateurs de l'immédiate après-guerre. On y croise des maisons aussi légendaires que (bien sûr) Fantasy Press, mais aussi Arkham House, Gnome ou Shasta. On y rencontre aussi de nombreux professionnels comme Bradbury ou E. E. Smith. Le volumineux dernier chapitre (50 pages) est une bibliographie sommaire (année de parution et nombre d'exemplaires) des livres produits par les small press couvertes par Eshbach. Un index clôture le livre. A noter la présence d'un cahier central de 16 pages de photos en N&B. 

Of worlds beyond.jpg

C'est un ouvrage sans prétention qui semble bien restituer l'ambiance qui régnait dans ce milieu de gens à la fois passionnés (et il en fallait pour publier en HC des textes de science fiction) mais aussi parfois tellement attirés par l'appât du gain qu'ils en perdaient toute mesure. Il s'agit donc, outre l'aspect anecdotique de certaines scènes, d'un document historique (comme les livres de Warner) sur le fandom à ses débuts et sur la (première) transformation des conditions de publication du genre (des pulps aux HC).

A wealth of fable.jpg

Bien sûr, on ne trouvera pas dans cet ouvrage une approche historiographique rigoureuse (certaines des affirmations de Eshbach contenues dans ce livre ont d'ailleurs été contestées par la suite) puisqu'il est résolument personnel. De la même façon, il ne s'agit là pas d'un outil bibliographique sur un domaine (les small press des années 40-50) assez obscur et aux enjeux financiers importants (en tout cas pour les collectionneurs). C'est finalement un peu dommage que ce livre, physiquement très bien fait, reste dans le superficiel.

The legion of time (FP 1952).jpg

Note GHOR : 1 étoile

21/06/2010

_One hundred years of science fiction illustration 1840-1940_

One hundred years of science fiction illustration 1840-1940 : Anthony FREWIN : 1974 : Jupiter Books : ISBN-10 0-904041-04-2 : 128 pages (y compris bibliographie) : coûtait 4 GBP pour un HC grand format avec jaquette (fragile) illustré en N&B et couleurs qui se trouve assez facilement d'occase.

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Cet ouvrage est un contemporain (il est en fait légèrement postérieur à la VF) du livre de Sadoul Hier l'an 2000 et correspond à une époque où ce type de "coffee-table book" basé sur l'exploitation du vaste fond iconographique de la SF était assez fréquent. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'un ouvrage de référence mais d'une promenade dans l'univers visuel de la science fiction entre 1840 et 1940.

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Divisé en  sept chapitres plus ou moins thématiques, soit consacrés à un illustrateur (Granville, Robida), soit à un magazine précis (Amazing, Astounding), ce livre suit un certaine progression chronologique. La quantité de texte proprement dite est limitée puisqu'il n'y a au mieux que deux pages d'introduction par chapitre. Par contre, les légendes sont copieuses et détaillées. Le livre est richement illustré, en N&B (la majorité), en couleurs (sur 32 pages) et dans plusieurs sortes de sépia (un classique marron mais aussi un violet assez vif). On trouve en appendice des reproductions des publicités si particulières parues dans les pulps et une courte bibliographie.

Astounding 1937-04.jpg

Il ne faut donc pas chercher une grande profondeur d'analyse dans un tel ouvrage, ce n'est d'ailleurs pas son but. Par contre, pour le pur spectacle visuel, c'est un régal. Reproductions maîtrisées et choisies avec soin, légendes détaillées et pertinentes, mise en page agréable, tout concourt au plaisir des yeux, ce qui est conforme au projet avoué de ce livre.

Astounding 1938-11.jpg

On pourra juste regretter quand même deux choses. Tout d'abord l'amateur de SF pourra trouver la place dévolue à la proto-SF un peu trop disproportionnée (avec en particulier un chapitre sur Granville certes intéressant mais qui concerne plus la satire ou l'allégorie que la science fiction stricto sensu), ensuite l'option de présenter certaines pages dans cette sorte de sépia violet est assez agressive (même pour les illustrations intérieures initialement en N&B) et ne rend pas forcement justice à certaines couvertures originellement en couleurs. Un ouvrage qui n'est donc pas un sommet de la réflexion sur le genre mais une agréable plongée dans l'imagerie ancienne de celui-ci.

Amazing 1929-01.jpg

Note GHOR : 1 étoile

16/06/2010

_Olaf Stapledon : Speaking for the future_

Olaf Stapledon : Speaking for the future : Robert CROSSLEY : 1994 : Liverpool University Press (série "Science Fiction texts and studies" #1) : ISBN-10 0-85323-388-8 : xviii+474 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 32.50 GBP pour un volumineux HC avec jaquette, illustré en N&B.

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Sous la plume d'un professeur de littérature américain (qui est aussi un spécialiste de Wells) ce gros livre est une biographie de l'auteur britannique Olaf Stapledon. Il n'est pas surprenant qu'un éditeur universitaire anglais prenne cet auteur comme sujet de son premier ouvrage d'une collection après tout consacrée à la SF. Stapledon est en effet un des ces écrivains de SF qui, comme Wells ou Lewis, n'ont jamais été "tâchés" par une association trop étroite avec les pulps ce qui lui assure une certaine respectabilité et le place dans le camp des auteurs fréquentables malgré une production SF indiscutable et non négligeable.

Sirius (Denoel 1976).jpg

Après une préface d'Aldiss, le premier des dix-neuf chapitres de cette biographie est une rapide ébauche de l'importance de Stapledon. Il est étonnamment suivi par le récit des tracas rencontrés par l'auteur lors de sa venue de l'auteur à New-York pour une conférence sur la paix en 1949, l'année précédent son décès. C'est seulement ensuite que la chronologie reprend son cours normal avec à peu près un chapitre par période de cinq ans (ou parois moins). S'appuyant à la fois sur le journal de l'écrivain et une volumineuse correspondance, Crossley nous raconte la vie de l'un de ces penseurs britanniques fascinés (ou tracassés) par le futur. L'ensemble est illustré d'une trentaine de documents, essentiellement des photographies reproduites en N&B. Après une cinquantaine de pages de notes, on trouve une bibliographie primaire et secondaire (partielle) et enfin un index.

Rien qu'un surhomme (RF 1952).jpg

Il s'agit d'une véritable biographie et non d'un ouvrage de circonstance. Un livre longuement documenté et qui est visiblement fruit d'un très dur labeur, la taille des notes l'attestant aisément. Malgré tout ce soin, cette minutie, j'avoue m'avoir être plutôt ennuyé à la lecture de la vie de ce personnage dont le portrait qui en est fait n'est parfois pas très flatteur sur le plan moral.

Créateur d'étoiles (Rencontre 1970).jpg

Malgré le fait que ses écrits de SF de l'auteur soient au coeur de l'ouvrage, on ne peut pas dire qu'il en soit rendu plus intéressant pour autant. Ce n'est certes pas de la faute de Crossley mais c'est plutôt dû au fait que Stapledon n'était pas vraiment immergé dans le milieu naissant autour du genre et, en tant que représentant de la haute culture, n'avait guère de contacts avec celui-ci (sauf sur le tard avec Clarke et la BIS). En bref, malgré ses qualités, ce livre n'est pas vraiment pertinent dans une optique historique du fait que les trajectoires littéraires de la SF comme genre et de Stapledon ne se sont jamais rencontrées et que l'oeuvre de l'auteur est pratiquement presque indépendante du reste du genre (hormis évidemment pour Wells l'admiré précurseur).

Les derniers et les premiers (Denoel 1978).jpg

Note GHOR : 1 étoile